Après plusieurs mois de suspension des réseaux sociaux au Gabon, le gouvernement amorce officiellement une nouvelle phase de sa politique numérique. Le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a présenté le 26 mai dernier devant la Commission de la Communication, de l’Information et des Technologies numériques de l’Assemblée nationale, un projet de loi visant à modifier l’ordonnance portant réglementation des réseaux sociaux en République gabonaise.
À travers cette réforme, les autorités entendent adapter le cadre législatif national aux nouveaux défis imposés par l’essor du numérique, des plateformes sociales et de l’intelligence artificielle. Pour le gouvernement, il s’agit désormais de concilier innovation technologique, protection des citoyens et préservation des libertés fondamentales.
« Le numérique offre de nombreuses opportunités, mais il nous impose également de nouvelles responsabilités. L’objectif n’est pas de restreindre les libertés, mais de protéger les citoyens et de garantir un espace numérique plus sûr », a déclaré Germain Biahodjow devant les députés.
Les échanges au sein de la commission parlementaire ont permis de mettre en avant plusieurs préoccupations majeures : la lutte contre la désinformation, le cyberharcèlement, la diffusion de contenus sensibles, la protection des mineurs et l’encadrement des contenus générés par l’intelligence artificielle. Le texte prévoit également l’instauration d’une majorité numérique fixée à seize ans, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de régulation des contenus en ligne.
Pour le ministre, cette réforme marque une étape importante dans la modernisation de la gouvernance numérique du pays. « Il s’agit de bâtir un cadre moderne, responsable et respectueux des droits de chacun. Le Gabon doit pouvoir évoluer avec son temps tout en protégeant ses citoyens », a-t-il assuré.
Très attendu par les populations, ce projet intervient dans un contexte particulier marqué par la suspension des réseaux sociaux depuis près de trois mois. Une situation qui a profondément impacté les habitudes de communication, les activités économiques numériques et l’accès à l’information pour de nombreux Gabonais.
En parallèle, Germain Biahodjow a également défendu devant les députés un projet d’ordonnance portant modification du Code de la Communication. Une initiative qui s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser l’ensemble du dispositif juridique encadrant les médias et le numérique au Gabon.

