À Libreville, la bataille pour la succession de Pierre Mathieu Obame Etoughe prend des allures inattendues. Lors d’une réunion stratégique censée préparer la désignation du prochain maire, deux anciens Premiers ministres auraient troqué les arguments politiques contre des menaces à peine voilées, transformant un débat interne en véritable scène de confrontation. Une passe d’armes révélatrice des tensions qui entourent déjà la succession à l’Hôtel de ville.
Selon des informations rapportées par Media Afrique News, une réunion des cadres politiques de l’Estuaire, organisée pour discuter du profil du futur édile de la capitale, aurait rapidement quitté le terrain des échanges policés.
Dans un coin, Julien Nkoghe Bekale, déterminé à défendre son poulain. Dans l’autre, Paul Biyoghe Mba, tout aussi décidé à imposer le sien.
La discussion commence poliment, chacun exposant sa vision, son candidat, son sens aigu de l’intérêt général. Puis, comme souvent dans ce genre de réunion très fraternelle, les visions divergent, les voix montent, et l’intérêt général sort discrètement par la porte de service.
Très vite, les propositions cessent d’être débattues pour être simplement… rejetées. Aucun des deux camps ne cède d’un millimètre. La stratégie municipale se transforme alors en duel d’ego, discipline dans laquelle la classe politique locale possède, il faut bien l’admettre, une solide expérience.
Clou du spectacle : piqué au vif, Paul Biyoghe Mba aurait menacé de « casser la gueule » à son contradicteur du jour. Un argument politique certes peu académique, mais qui a au moins le mérite d’être direct et compréhensible par tous.
Il aura fallu l’intervention des autres participants pour éviter que la réunion stratégique ne se transforme en séance de boxe improvisée entre deux anciens chefs de gouvernement. On imagine déjà la titraille : « Hôtel de ville de Libreville : deux poids lourds (politiques) se bourrent les coups pour le fauteuil ».
Au-delà de l’anecdote risible, cet épisode souligne surtout l’intensité de la bataille qui se joue déjà autour de la mairie de Libreville. Car si les prétendants s’affrontent déjà avec une telle ardeur, c’est qu’une certitude semble s’imposer dans les coulisses : le sort de Pierre Mathieu Obame Etoughe serait désormais scellé.
La question ne serait plus de savoir si le fauteuil va se libérer, mais qui parviendra à s’y installer… et surtout par quelle méthode : négociation politique, arbitrage d’appareil… ou, à en croire l’ambiance de certaines réunions, après quelques rounds supplémentaires.

