LGA, le 22 août 2026 – Le Gabon passe à la vitesse supérieure sur l’anglais. Avec « Super efficace », les tout-petits vont désormais apprendre la langue de Shakespeare dès la maternelle et le CP. Et fait notable : le manuel est 100 % gabonais.
L’annonce a été faite le 20 décembre par la ministre de l’Éducation nationale. Objectif : familiariser les enfants avec l’anglais le plus tôt possible.
Pourquoi maintenant ?
Ce n’est pas un hasard. Le Gabon a rejoint le Commonwealth en juin 2022, devenant le 55ᵉ membre de l’organisation lors du sommet de Kigali. Le chemin n’a pas été tout droit — une suspension partielle en 2023 a un peu freiné l’élan — mais Libreville a retrouvé son statut à part entière en juillet 2025.
Miser sur l’anglais à l’école, c’est donc une manière de coller à cette nouvelle orientation. Pour ne pas partir les mains vides, le pays a même envoyé des enseignants se former au Ghana, une référence dans le monde anglophone.
Un manuel « made in Gabon »
Fini les manuels importés qui ne parlent à personne. « Super efficace » a été pensé, écrit et édité par des Gabonais, pour des élèves gabonais. Concrètement, ça veut dire des exemples et des situations que les enfants reconnaissent vraiment dans leur quotidien, plutôt que des références venues d’ailleurs.
La collection ne s’arrête pas à l’anglais : elle couvre aussi le français, les maths, l’histoire-géo et les sciences. Au total, près de deux millions d’exemplaires ont déjà été imprimés pour les écoles publiques.
Le vrai défi : les profs
Avoir un beau manuel, c’est bien. Savoir l’utiliser, c’est mieux. Et là, ça se corse un peu : enseigner l’anglais à un enfant de 3 ou 6 ans, ça n’a rien à voir avec un cours de collège. Il faut du jeu, des chansons, des images, de l’oral avant tout — bref, une pédagogie taillée pour les tout-petits.
La formation au Ghana est censée donner ces outils aux enseignants. Reste à voir si ça suivra sur le terrain, notamment loin de Libreville.
Et niveau prix ?
Bonne nouvelle : les manuels sont gratuits dans le public. Moins bonne nouvelle : en librairie, certains titres de la collection se vendent entre 5 500 et 7 900 FCFA, ce qui a déjà fait grincer des dents.
Bref, le pari est ambitieux : des manuels plus proches de la réalité gabonaise, une ouverture vers le monde anglophone, et moins d’inégalités entre les écoles. Reste à transformer l’essai — et ça se jouera dans les salles de classe, pas sur le papier.

