Ondo Ossa appelle à la révolution… le Palais reste de marbre

LGA, le 18 août 2026 — Albert Ondo Ossa évoque de nouveau la révolution. Une vraie, cette fois, ou du moins une révolution civile, patriotique et, surtout, bien connectée. Dans une vidéo diffusée sur YouTube, le professeur, qui continue de se présenter comme le « président élu », appelle les Gabonais à la désobéissance civile, au boycott de la fête du 30 août et à rester chez eux pendant que les « imposteurs » célébreront leur « culte à l’incurie ».

Le détail amusant, c’est que le professeur avait déjà traité le 30 août 2023 de « révolution de palais ». Trois ans plus tard, il semble vouloir donner une suite populaire à l’affaire. Sauf qu’entre-temps, le fameux palais est resté… de marbre. Et le marbre, comme chacun sait, a quelques qualités : il est solide, froid et particulièrement difficile à faire descendre dans la rue.

Le Palais présidentiel de Libreville, justement surnommé le Palais de Marbre, n’a pour l’instant donné aucun signe de panique. Pas de tremblement de colonnes, pas de fissure dans les murs, pas même une petite vibration diplomatique. À croire que la révolution annoncée n’a pas encore trouvé le bouton « démarrer ».

Le professeur, lui, a pourtant préparé le mode d’emploi. Il faut éteindre Gabon Télévision, Gabon 24 et TV Plus, rester à la maison, prier intensément et boycotter les cérémonies du 30 août. En somme, la désobéissance civile version 2026 pourrait se pratiquer depuis son canapé, entre deux épisodes de série et trois messages WhatsApp.

C’est une révolution particulièrement confortable. Pas besoin de barricades, de pavés ni de chaussures de marche. Un téléphone portable suffit. Et si possible une bonne connexion Internet.

Encore faut-il que le peuple suive.

Car pendant qu’Ondo Ossa appelle les Gabonais à l’aider à récupérer… son fauteuil, Brice Clotaire Oligui Nguema, celui qu’il qualifie d’« imposteur », continue d’ériger des bâtiments et d’accumuler les poignées de main internationales. Macron à l’Élysée, Trump à Versailles : le président gabonais travaille son image internationale pendant que son adversaire travaille manifestement son audience numérique.

L’un dispose des palais. L’autre dispose d’un bon community manager.

Le professeur compte également sur la diaspora. Les Gabonais d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Afrique sont invités à se mobiliser. Ils peuvent commenter, partager, liker, manifester devant les ambassades et expliquer au monde entier que la révolution est en marche.

Le seul problème, c’est que la révolution, elle, est censée se dérouler au Gabon.

Depuis Paris, Bruxelles ou New York, on peut évidemment faire beaucoup de bruit. Mais pour faire bouger un Palais fais de Marbre, il faudra probablement un peu plus que des hashtags.

C’est toute la difficulté des révolutions numériques : un million de vues ne font pas un million de manifestants. Un commentaire furieux ne bloque pas une avenue. Et un pouce levé sur Facebook ne suffit pas à faire trembler un pouvoir, de surcroît qui a le vent en poupe.

Reste la question économique, le véritable angle mort se situe ici. Car si le pouvoir peut rester de marbre devant les invectives politiques, il ne pourra pas éternellement faire de même devant les difficultés sociales. Dette intérieure, impayés, pouvoir d’achat sous pression, entreprises en difficulté.

C’est peut-être là que se trouve la vraie étincelle. Pas dans les vidéos YouTube, mais dans les fins de mois. Pas dans les slogans, mais dans le portefeuille. Pas dans les appels à rester chez soi, mais dans la capacité du pouvoir à répondre aux frustrations quotidiennes.

Pour l’instant, cependant, le Palais tient bon.

Le 30 août permettra de vérifier si le peuple gabonais a envie de révolution ou simplement de profiter du jour férié. Dans le premier cas, Ondo Ossa pourra crier victoire. Dans le second, il pourra toujours enregistrer une nouvelle vidéo.

Ce qui nous ramène au fameux « coup de le libération » du 30 août 2023. À l’époque, Ondo Ossa parlait de « révolution de palais ». En 2026, il appelle à une nouvelle révolution. Entre les deux, le Palais n’a ni changé de locataire ni de matière.

Et le marbre, décidément, ne se laisse pas facilement émouvoir.

Ondo Ossa peut donc continuer à tempêter. Le peuple peut regarder. YouTube peut compter les vues.

Quant au Palais, lui, reste de marbre.

Par GOM

La Rédaction

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