Eau et électricité : Oligui Nguema ouvre la porte aux investissements privés

LGA, le 18 août 2026 – C’est l’une des annonces économiques les plus significatives de l’adresse à la Nation de Brice Clotaire Oligui Nguema. Face aux difficultés persistantes d’approvisionnement en eau et en électricité, le président gabonais veut désormais attirer davantage de capitaux et de compétences privées dans un secteur qu’il qualifie de « marché stratégique ».

L’annonce intervient alors que les infrastructures de transport et de distribution demeurent un point de fragilité du système. Pour le chef de l’État, augmenter les capacités de production ne suffira pas si les réseaux restent « fragiles, saturés ou mal entretenus ». Le problème n’est donc plus seulement de produire davantage, mais de garantir l’acheminement régulier de l’eau et de l’électricité jusqu’aux ménages, aux commerces et aux entreprises.

En ouvrant explicitement ce segment aux investisseurs, le pouvoir gabonais semble vouloir changer d’échelle. L’objectif est de mobiliser des financements, des technologies et des capacités d’exploitation susceptibles d’accélérer la modernisation des réseaux. Une orientation qui pourrait faire de l’eau et de l’énergie l’un des nouveaux pôles d’investissement stratégique du pays.

Le chef de l’exécutif n’a cependant pas annoncé de privatisation ni désigné d’opérateur. Il n’a pas davantage précisé le cadre juridique, les mécanismes de concession ou les conditions dans lesquelles les investisseurs pourraient intervenir. L’ouverture annoncée devra donc être accompagnée d’un dispositif de régulation suffisamment clair pour concilier attractivité du marché, maîtrise des infrastructures essentielles et continuité du service public.

Cette évolution intervient dans un contexte où le Gabon cherche à réduire ses vulnérabilités énergétiques et à renforcer sa souveraineté. Elle marque surtout une inflexion dans le rôle assigné au secteur privé : celui-ci n’est plus seulement appelé à accompagner l’économie nationale, mais à participer directement au financement et à la modernisation d’infrastructures essentielles.

Le message adressé aux investisseurs est ainsi sans ambiguïté : l’eau et l’énergie constituent désormais des secteurs où des opportunités existent, à condition de pouvoir investir, innover et garantir la qualité du service. Reste au gouvernement à transformer cette ouverture politique en un marché réellement structuré, transparent et attractif.

Pour le Gabon, l’enjeu dépasse donc la seule question des coupures. Il s’agit de construire un modèle dans lequel l’investissement privé contribuerait à renforcer les réseaux, tandis que l’État conserverait son rôle de régulateur et de garant de l’accès au service public. C’est la mise en œuvre de cette nouvelle doctrine qui permettra de mesurer la portée réelle de l’annonce présidentielle.

Par GOM

La Rédaction

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