Conseil des ministres : ce qu’Oligui Nguema ne veut plus voir au sein du gouvernement

LGA, le 26 juin 2026 – Cette fois, le message ne laisse guère de place à l’interprétation. Dix jours après son discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en Congrès, Brice Clotaire Oligui Nguema a profité du Conseil des ministres du 25 juin pour fixer les règles qu’il entend voir désormais appliquées au sommet de l’État. Derrière les formules institutionnelles du communiqué final se dessine une volonté claire : mettre fin aux pratiques qui, selon le chef de l’État, fragilisent l’efficacité de l’action gouvernementale.

La première d’entre elles concerne les décisions prises en Conseil des ministres. Le président de la République rappelle qu’une décision adoptée par cet organe engage l’ensemble du gouvernement. Une fois les arbitrages rendus, aucun ministre ne peut s’en désolidariser ni remettre en cause ce qui a été collectivement décidé. En rappelant le caractère « sacré » des délibérations du Conseil des ministres, Brice Clotaire Oligui Nguema insiste sur le principe de solidarité gouvernementale et sur la nécessité d’une discipline collective.

Pour éviter que des désaccords n’apparaissent après les décisions, le chef de l’État exige que les arbitrages soient réalisés bien avant la réunion du Conseil des ministres. Il rappelle ainsi que le Conseil interministériel doit pleinement jouer son rôle de préparation, de coordination et de maturation des dossiers. Les projets soumis à la décision présidentielle devront désormais être solidement instruits et suffisamment consensuels avant d’arriver sur la table du gouvernement.

Le président désigne également les garants de cette exigence. Il rappelle la responsabilité personnelle du Vice-Président du Gouvernement et du Secrétaire général de la Présidence dans la qualité des dossiers présentés et dans le respect de cette méthode de travail.

Autre pratique que Brice Clotaire Oligui Nguema souhaite voir disparaître : les réformes élaborées sans évaluation suffisamment approfondie de leurs conséquences. Selon lui, un projet de loi ou un texte réglementaire ne doit jamais être le point de départ d’une réflexion, mais son aboutissement. Il demande donc que chaque réforme soit précédée d’études d’impact solides, permettant d’en mesurer les implications financières, techniques et opérationnelles avant toute adoption.

Enfin, le chef de l’État entend modifier les relations de travail entre le gouvernement et le Parlement. Il souhaite que les projets législatifs soient partagés plus tôt avec les députés et les sénateurs afin de favoriser un dialogue en amont, d’harmoniser les positions et de limiter les blocages susceptibles de ralentir l’adoption des textes.

Ces rappels interviennent dans le prolongement du discours sur l’état de la Nation prononcé le 15 juin, au cours duquel Brice Clotaire Oligui Nguema avait fait de l’efficacité administrative, de la responsabilité des dirigeants publics et de l’obligation de résultats les principaux piliers de son action.

À travers cette communication, le président ne dévoile pas de nouvelles réformes. Il fixe surtout une méthode. Celle d’un exécutif où les décisions doivent être mieux préparées, assumées collectivement et exécutées avec davantage de rigueur. Un changement de cap organisationnel que le chef de l’État présente comme une condition essentielle à la crédibilité de l’action publique.

Eppebiow Ebolentsie

Journaliste d'expérience, spécialiste des questions d'économie et du numérique.

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