Dans une maison désormais vide, une mère affronte l’insoutenable : l’absence de son unique enfant. Derick Chivarel Biteghe, élève de Terminale au lycée privé PROCCL, a été mortellement poignardé jeudi 16 avril, en pleine salle de classe. Une mort brutale, absurde, qui dépasse le simple fait divers et interroge frontalement les responsabilités.
Car ce jour-là, l’école n’a pas protégé.
Tout commence par un différend entre élèves, une de ces tensions ordinaires que l’on croit sans lendemain. Mais la banalité bascule lorsque des jeunes venus d’un lycée voisin décident de franchir un cap : pénétrer dans un établissement, forcer des portes, envahir une salle de classe. En plein cours. Sous les yeux d’une enseignante.
Elle tente de s’interposer. Elle est prise à partie.
Les élèves réagissent, instinctivement, pour la défendre. Et soudain, tout s’effondre. Cris, bousculades, panique. Dans ce chaos, un couteau surgit. Et Derick s’écroule. Touché à mort.
Il avait quitté son domicile pour apprendre. Il n’y reviendra jamais.
Transporté en urgence au CHU d’Owendo, le jeune homme succombe à ses blessures. Trop tard. Toujours trop tard. Et pendant ce temps, ses agresseurs prennent la fuite, laissant derrière eux un lycée traumatisé et une famille brisée à jamais.
Quelques heures plus tard, la police interpelle le principal suspect. Présenté devant le procureur de la République, il est placé sous mandat de dépôt. Une réponse judiciaire rapide, mais qui ne suffira pas à apaiser la colère ni à combler le vide laissé par Derick.
Car au-delà de l’arrestation, une question persiste, lancinante : comment en est-on arrivé là ?
Comment des individus extérieurs ont-ils pu pénétrer aussi facilement dans un établissement scolaire ? Où étaient les dispositifs de sécurité ? Que vaut aujourd’hui la promesse d’une école sanctuarisée, quand une salle de classe peut se transformer en scène de crime ?
Le cas de Derick n’est pas isolé. Il est le symptôme d’un malaise plus profond, d’une violence qui s’installe, qui s’organise, qui franchit les murs de l’école sans rencontrer de véritable résistance. Et face à cela, les réponses semblent toujours tardives, souvent insuffisantes.
Derick était fils unique. Une vie, une seule, désormais réduite au silence. Derrière les statistiques et les discours, il reste ce vide immense, celui d’une mère qui ne reverra plus son enfant, et celui d’une société confrontée à ses propres failles.
À Owendo, le deuil se mêle à la colère. Et une exigence s’impose : que ce drame ne soit pas un de plus. Mais un point de rupture.

