Protection de la nature : nos forêts ont désormais leur armée

LGA, 3 janvier 2026 – Le Gabon franchit un nouveau cap dans la préservation de son patrimoine naturel. Lors d’un récent Conseil des ministres, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a officialisé la transformation de l’administration des Eaux et Forêts en Corps paramilitaire autonome, doté d’un commandement en chef et d’une organisation militaire complète.

Cette décision confère aux agents un véritable statut de soldat, reconnaissant leur rôle crucial face à des braconniers lourdement armés et à des réseaux internationaux de trafiquants d’ivoire.

Cette réforme n’est pas une improvisation. Elle est l’aboutissement d’un processus amorcé sous le ministre Lee White, qui avait posé les premières pierres de la professionnalisation des écogardes et de la sécurisation des parcs nationaux. Si, jusqu’ici, ces agents de terrain travaillaient souvent dans l’incertitude juridique et la précarité, ils bénéficient désormais d’une carrière structurée, d’une formation adaptée et d’une reconnaissance comparable à celle des forces armées. L’intégration des écogardes de l’Agence Nationale des Parcs Nationaux marque un tournant : ces hommes et femmes de terrain, longtemps marginalisés, deviennent des acteurs pleinement reconnus de la stratégie nationale de conservation.

L’initiative vise à donner au Gabon un outil technique et opérationnel capable de répondre aux menaces locales et internationales. Discipline, hiérarchie et efficacité opérationnelle sont désormais inscrites dans la logique de terrain. Chaque mission de surveillance, chaque patrouille dans les forêts denses du pays devient un acte de défense nationale.

Pour les jeunes Gabonais, étudiants et futurs professionnels, cette réforme envoie un message fort : la conservation de la biodiversité n’est plus seulement une mission écologique, mais une carrière valorisée et reconnue, avec des perspectives claires et un engagement au service du pays. Elle illustre également la capacité du Gabon à innover en matière de protection de l’environnement, en transformant un défi écologique en projet stratégique d’État.

Avec l’Armée Verte – comme on la nomme déjà dans les coulisses –, le Gabon pose les bases d’une souveraineté environnementale réelle, démontrant qu’un État africain peut allier conservation de la nature, sécurité et reconnaissance sociale pour ceux qui protègent ses trésors naturels.

Eppebiow Ebolentsie

Journaliste d'expérience, spécialiste des questions d'économie et du numérique.

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