Paralysie judiciaire : les magistrats entrent en grève contre le mépris

Le Gabon Actuel, le 15 janvier 2025 – Le secteur de la justice gabonaise est plongé dans une crise profonde. Ce mardi 14 janvier, les magistrats, réunis au sein du Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG), ont entamé une grève pour protester contre le manque de considération et les conditions de travail précaires qui minent leur quotidien. Cette action fait suite à une assemblée générale extraordinaire tenue la veille au palais de Justice de Libreville.

Les revendications des magistrats sont claires : ils exigent une amélioration significative de leur statut, de leurs conditions de vie et de travail, ainsi qu’une reconnaissance à la hauteur de leur rôle fondamental dans le fonctionnement de l’État. « Nous ne pouvons plus tolérer le mépris et l’inertie des autorités. Il en va de l’avenir de la justice dans notre pays », a déclaré un membre du SYNAMAG.

Ce mouvement n’est pas une première. Les magistrats avaient déjà adopté un service minimum pendant un an avant de suspendre leur grève, à la demande du chef de l’État. Cependant, les engagements pris par les autorités lors des discussions n’auraient pas été tenus, obligeant les professionnels de la justice à durcir leur position.

Le ministère de la Justice, de son côté, affirme maintenir un dialogue ouvert avec les syndicats. Selon ses responsables, les magistrats sont « régulièrement reçus » dans le cadre de discussions qualifiées de « permanentes ». Cette version est toutefois contredite par la frustration palpable exprimée par les grévistes, qui accusent le gouvernement d’immobilisme.

La paralysie judiciaire qui s’installe menace de graves conséquences. Les tribunaux risquent de devenir des lieux désertés, retardant davantage les procès et impactant directement les citoyens en quête de justice. Alors que le gouvernement prône des réformes et une modernisation du secteur, les acteurs clés de ce système se disent abandonnés.

Cette crise pose une question cruciale : les autorités sauront-elles à cette crise judiciaire avant que la situation ne dégénère ? Le bras de fer actuel pourrait bien être un moment charnière pour la justice gabonaise et, plus largement, pour l’état de droit dans le pays.

Le temps presse. Une solution rapide et durable est attendue par les professionnels de la justice comme par la population, qui souffre des conséquences directes de cette paralysie judiciaire.

La Rédaction

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