LGA, 1er janvier 2026 – Annoncée le 1er janvier par la secrétaire générale de la présidence de la République, la composition du nouveau gouvernement a été globalement accueillie avec soulagement par une partie de l’opinion. L’éviction de plusieurs figures emblématiques de l’ancien régime et l’arrivée de profils nouveaux ont nourri l’espoir d’un véritable changement de cap. Mais certaines reconductions interrogent. Celle de Maurice Allogho Ntossui, maintenu à la tête du ministère des Eaux et Forêts, cristallise aujourd’hui les critiques, y compris au sein de son propre département.
Nommé dès les premières heures de la Transition, ce natif de Bitam, ancien béret rouge, avait suscité un réel espoir chez de nombreux agents du ministère des Eaux et Forêts (Minefe), lassés de décennies de gestion jugée inefficace. Deux ans plus tard, le climat interne est délétère. Plusieurs techniciens dénoncent un mode de gouvernance autoritaire, qualifiant le ministre de « dictatorial » et décrivant un management fondé sur la crainte plus que sur le dialogue social.
Un cadre syndical se souvient encore d’un épisode survenu l’an dernier, resté dans toutes les mémoires : une altercation verbale d’une rare violence avec le président du Synapef, coupable, selon le ministre, d’avoir osé évoquer un mot d’ordre de grève. Un incident révélateur, selon ses détracteurs, d’un rapport conflictuel avec les corps intermédiaires.
Au-delà du style, ce sont surtout les résultats qui posent question. « Depuis son arrivée fin 2023, le secteur forêt-bois traverse une crise sans précédent », affirme un ancien chef de service du Minefe. Selon ce dernier, plus de 40 entreprises auraient cessé leurs activités en moins de deux ans, faute de visibilité et de mesures adaptées. Une situation d’autant plus préoccupante que la filière constitue l’un des piliers de l’économie nationale et un important pourvoyeur d’emplois.
Les critiques portent également sur l’absence de réformes structurelles et sur une gouvernance jugée défaillante. « La mal gouvernance, traduite par une détérioration des conditions de vie des agents dont les primes subissent une ponction de près de 40 % chaque trimestre », déplore un technicien, qui y voit le symptôme d’une gestion financière opaque et peu soucieuse du personnel.
Dans ce contexte, la reconduction de Maurice Allogho Ntossui apparaît, pour nombre d’observateurs, comme un pari risqué pour le régime en place. À l’heure où le pouvoir promet rupture et efficacité, le maintien d’un ministre contesté interroge sur la cohérence de l’action gouvernementale et sur la place réelle accordée aux performances sectorielles dans les choix politiques.

