Éducation nationale : les termes fragiles d’une sortie de crise

Libreville, 23 janvier 2026 – Après plusieurs semaines de paralysie, l’école gabonaise entrevoit une possible sortie de crise. Le gouvernement et les partenaires sociaux du secteur de l’éducation ont signé, le 19 janvier 2026, un accord censé mettre un terme à la grève déclenchée le 5 janvier dernier par les enseignants.

Cet arrêt de travail, porté notamment par le mouvement SOS Éducation et soutenu par plusieurs syndicats tel que le SENA ou encore le SYNATECHPRO, avait profondément perturbé le fonctionnement des établissements scolaires sur l’ensemble du territoire, ravivant les inquiétudes des parents d’élèves et exposant, une fois de plus, les fragilités structurelles du système éducatif gabonais.

Un compromis négocié au sommet de l’État

Les discussions ayant conduit à cet accord se sont tenues en présence des ministres de l’Éducation nationale et de la Fonction publique, ainsi que du délégué à l’Économie, signe de l’importance accordée par l’exécutif à ce dossier social sensible. Face à eux, les représentants des enseignants ont défendu une plateforme revendicative centrée sur la régularisation des situations administratives et l’intégration salariale de milliers d’agents en attente.

Selon le contenu de l’accord consulté par Le Gabon Actuel, le gouvernement s’engage à mettre en solde, à compter du 25 février 2026, l’ensemble des 328 sortants des Écoles normales supérieures (ENS) et de l’ENSET, couvrant ainsi 100 % des dossiers concernés.

Dans le même calendrier, 692 sortants des ENIL et ENIF, ainsi que 1 810 enseignants bénévoles, seront placés en présalaire. Là encore, l’exécutif assure avoir pris en compte la totalité des situations recensées.

Un début de réponse à un passif administratif massif

L’accord prévoit également la régularisation de 60,85 % des situations administratives en souffrance, soit environ 4 000 dossiers sur les 6 574 enregistrés à la Fonction publique. Ces dossiers concernent notamment les titularisations, les avancements automatiques et les reclassements après stage déjà codifiés mais restés sans suite.

Une reprise conditionnelle des cours

Pour les syndicats, ces engagements constituent une avancée notable. En contrepartie, ils ont accepté de suspendre le mouvement de grève et de reprendre le chemin des salles de classe, sous réserve du respect strict des engagements pris par l’État. Une clause implicite qui laisse planer la menace d’un nouveau bras de fer social en cas de retard ou de manquement.

Si cet accord marque une accalmie bienvenue, il n’éteint pas pour autant les interrogations de fond sur la gouvernance du secteur éducatif gabonais, régulièrement secoué par des crises cycliques. Pour de nombreux observateurs, seule une réforme structurelle durable, couplée à une gestion rigoureuse des ressources humaines, permettra d’éviter que l’école gabonaise ne replonge, une fois encore, dans l’impasse sociale.

La Rédaction

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