Libreville, 15 janvier 2026 (LGA). Au lendemain de la Conférence internationale sur l’Iboga et l’Ibogaïne, le Gabon est passé du verbe à l’acte. Sous l’impulsion du général Maurice Ntossui Allogo, ministre des Eaux et Forêts, une délégation multisectorielle s’est rendue sur une plantation pilote. Une visite fondatrice, qui traduit une ambition désormais assumée : faire du « bois sacré » un pilier de l’économie verte nationale.
Si la conférence a permis de consolider les savoirs et de confronter les expertises, la descente sur le terrain marque une inflexion décisive. En observant de près l’Iboga, le ministre n’a pas seulement inspecté une plante ; il a validé une méthode. Celle d’une production encadrée, traçable et conforme aux standards internationaux, rompant avec l’extraction informelle et la prédation qui menacent la biodiversité.
L’enjeu est double. Il s’agit d’abord de garantir la pérennité de la ressource face à une demande mondiale en forte croissance. Il s’agit surtout de capter la valeur ajoutée au bénéfice du bassin national, en veillant à ce que les retombées économiques irriguent prioritairement les communautés locales. L’agriculture de précision, appliquée à une plante longtemps cantonnée au registre du sacré, devient ainsi l’outil d’une souveraineté nouvelle.
La présence remarquée des forces de défense et de sécurité aux côtés des techniciens des Eaux et Forêts rappelle que l’Iboga est désormais perçu comme une ressource stratégique. Face au trafic illicite de l’écorce de racine, l’État affiche sa fermeté et inscrit la filière dans une logique de régulation assumée. La conformité aux engagements internationaux, notamment en matière d’accès et de partage des avantages, place le Gabon à l’avant-garde d’une diplomatie verte pragmatique.
Au cœur des échanges entre experts, un constat s’impose : le temps est venu de dépasser une lecture exclusivement mystique pour reconnaître l’Iboga comme une ressource bio-médicale stratégique, dont les bénéfices doivent d’abord revenir aux populations locales. Le geste symbolique du ministre, déterrant un plant pour en analyser la structure racinaire — siège des principes actifs — dit cette volonté de réconcilier science et tradition.
En maîtrisant les techniques de repiquage et le cycle de croissance, le pays se donne les moyens de devenir une référence mondiale de l’ibogaïne légale. Les experts internationaux présents ne s’y trompent pas : la qualité du matériel végétal gabonais, conjuguée à une volonté politique affirmée, fait du pays un laboratoire à ciel ouvert d’une nouvelle bio-économie africaine.
Cette visite de terrain, au lendemain de la clôture de la conférence, scelle un tournant. Le Gabon n’est plus seulement le sanctuaire de l’Iboga ; il en devient le gestionnaire éclairé, démontrant que l’avenir de cette ressource se cultive désormais dans le respect scrupuleux de la terre et de la loi.

