Crise à l’éducation : les enseignants-chercheurs suspendent la grève, sans lever la garde

Libreville, le 23 janvier 2026 (LGA) – Après plusieurs jours de tensions, les enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo ont décidé de suspendre leur préavis de grève. En cause : des engagements jugés significatifs du gouvernement, allant d’un effort budgétaire inédit à la mise en place d’une commission tripartite chargée de régler les blocages structurels du secteur. Une accalmie prudente, dans un système universitaire encore marqué par des promesses non tenues.

À l’issue d’une assemblée générale de restitution tenue vendredi 23 janvier 2026 à l’université Omar Bongo (UOB), la section locale du Syndicat National des Enseignants-Chercheurs (SNEC-UOB) a officiellement annoncé la suspension de son préavis de grève. Cette décision fait suite à une série de concertations de haut niveau entre la tutelle, les services de la Solde, le Budget et les partenaires sociaux, preuve de la volonté manifeste de dialogue de la part du gouvernement.

Le mouvement, déclenché mardi dernier par le dépôt d’un préavis, a suscité une réaction immédiate du ministre de l’Enseignement supérieur. Ce dernier a convié l’ensemble des forces syndicales, dont le SNEC dans toutes ses composantes, la Frappe et le collectif Intelligentsia, pour une discussion à bâtons rompus sur les maux qui minent le département.

Au cœur des échanges, la mise en place d’une commission tripartite a été actée pour traiter de manière structurelle les questions de régularisations administratives, de paiement des vacations et de vétusté des infrastructures.

L’élément le plus frappant de cette sortie syndicale réside dans l’annonce d’un effort budgétaire sans précédent. Pour l’exercice 2026, l’enseignement supérieur se voit doté d’un budget d’investissement de 130 milliards de FCFA, une rupture nette avec les 10 milliards alloués précédemment. Pour l’UOB, cette manne financière devrait se traduire par des travaux d’extension majeurs et la construction de nouveaux bâtiments, une promesse qui, si elle se concrétise, pourrait transformer radicalement le cadre de travail des enseignants et des étudiants.

Sur le plan social, les garanties obtenues semblent avoir convaincu la base de suspendre son mouvement d’humeur. Les responsables du SNEC-UOB ont rapporté une augmentation significative du quota de mises en solde, passant de 25 à 140 par an, ainsi que la présentation de listes concrètes pour les intégrations, titularisations et avancements automatiques. Bien que les vacations ne soient pas encore réglées, un programme d’apurement a été formellement établi, offrant une visibilité aux créanciers de l’État.

Toutefois, la prudence reste de mise. Si l’unanimité s’est dégagée pour attendre les résultats de la commission tripartite, le SNEC-UOB ne cache pas sa vigilance. Habitués aux promesses non tenues par le passé, les syndicalistes ont été clairs : le droit de grève sans préavis sera exercé immédiatement si les engagements ne sont pas respectés. L’implication directe du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, qui reçoit les syndicats ce jour même à la Présidence, est perçue comme l’ultime gage de sincérité nécessaire pour un retour définitif à la sérénité académique.

Morgan Momb's

Diplômé de l'ENS en philosophie, amoureux des questions d'art, de littérature et de musique

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