Makokou – En marge de l’inauguration de plusieurs infrastructures dans la province de l’Ogooué-Ivindo, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a consacré une séquence à la foire artisanale organisée à la place des fêtes de Makokou. Une visite qui s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de l’artisanat dans la stratégie de développement économique du Gabon.
Devant les stands des exposants, le chef de l’État a félicité les artisans pour la qualité de leurs productions, mettant en avant la créativité et la maîtrise de savoir-faire locaux souvent transmis de génération en génération. Ces félicitations traduisent une reconnaissance institutionnelle d’un secteur longtemps relégué au second plan, alors qu’il constitue un vivier d’emplois et de revenus pour de nombreuses familles.
Pour les autorités de la Ve République, l’artisanat ne doit plus être considéré comme une activité périphérique, cantonnée à la sphère culturelle. Il est désormais présenté comme un instrument de l’économie de proximité, susceptible de contribuer à la diversification de l’économie nationale. Dans un pays encore largement dépendant des industries extractives, cette orientation répond à la nécessité de développer des activités à faible intensité capitalistique, mais à fort impact social.
L’enjeu est également territorial. En valorisant l’artisanat, l’exécutif entend renforcer les économies locales, limiter l’exode vers les centres urbains et redonner une place centrale aux provinces dans la dynamique de croissance. À Makokou, cette approche trouve un écho particulier dans un contexte marqué par la faiblesse du tissu industriel et la prégnance des activités informelles.
Reste à transformer cette reconnaissance politique en leviers opérationnels. Structuration des filières, accès au financement, accompagnement technique et débouchés commerciaux constituent les conditions indispensables pour que l’artisanat puisse pleinement jouer son rôle économique. Sans ces mécanismes, le risque est grand de voir perdurer un décalage entre les ambitions affichées et la réalité du terrain.
À Makokou, le pouvoir esquisse une orientation stratégique. Sa crédibilité dépendra désormais de sa capacité à inscrire l’artisanat au cœur des politiques publiques de développement local, au-delà des gestes symboliques et des séquences de communication.
Par GOM

