Liberté de la presse : Oligui Nguema salue les médias et annonce un tournant institutionnel

Par GOM

LGA, 9 janvier 2025 – Lors de la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux à la presse, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un message à la fois laudatif et exigeant à l’endroit des professionnels des médias. Un exercice d’équilibre, à l’image du rôle qu’il assigne à la presse dans le Gabon de l’après-transition.

Devant un parterre de journalistes, le chef de l’État a tenu à saluer le « professionnalisme » des hommes et des femmes des médias tout au long de l’année 2025. Selon lui, la presse gabonaise a pleinement assumé son rôle de « quatrième pouvoir », qu’il définit comme un « pouvoir d’influence, de vigilance et d’équilibre indispensable au bon fonctionnement de la démocratie ».

Une progression remarquée sur la scène internationale

Pour étayer son propos, Brice Clotaire Oligui Nguema a mis en avant un indicateur symbolique mais scruté : le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF). Le Gabon est ainsi passé de la 94ᵉ place en 2023 à la 41ᵉ en 2025, soit une progression de plus de cinquante rangs en deux ans.

Une évolution que le président qualifie d’« historique » et qui, selon lui, « n’est pas le fruit du hasard ». Elle résulte, a-t-il insisté, « d’efforts conjoints » entre les pouvoirs publics, les médias et les acteurs de l’écosystème de l’information. Un signal fort adressé aussi bien à l’opinion nationale qu’aux partenaires internationaux, dans un contexte où la crédibilité démocratique reste un enjeu majeur pour le pays.

Liberté, oui ; désinformation, non

Mais le ton s’est voulu tout aussi ferme sur les dérives souvent constatées. « Ce pouvoir s’accompagne de grandes responsabilités », a averti le chef de l’État, rappelant que « la liberté de la presse ne saurait en aucun cas être assimilée à la liberté de désinformer ». Une mise en garde explicite contre la propagation de fausses informations, notamment sur les réseaux sociaux, que le président considère comme une menace directe pour la cohésion nationale.

Brice Clotaire Oligui Nguema a été clair : la désinformation « expose ses auteurs à des poursuites judiciaires ». Un rappel à l’ordre qui s’inscrit dans une volonté affichée de concilier ouverture de l’espace médiatique et encadrement légal des abus.

Vers une loi sur l’accès à l’information publique

Au-delà du discours, le président a surtout esquissé des perspectives concrètes. Il a annoncé avoir instruit les ministres de la Communication et de l’Économie numérique d’engager une réflexion en vue de l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information publique. Un chantier attendu de longue date par les professionnels des médias et la société civile, dans un pays où l’accès aux données officielles demeure encore limité.

Dans le même élan, le chef de l’État a annoncé la mise en place prochaine d’un portail numérique de données publiques. Cet outil vise à permettre aux journalistes, chercheurs et citoyens d’accéder plus facilement à des informations « fiables, officielles et régulièrement mises à jour ».

Un signal politique à forte portée

À travers ces annonces, Brice Clotaire Oligui Nguema envoie un message politique clair : consolider les acquis en matière de liberté de la presse tout en structurant l’accès à l’information dans un cadre institutionnel moderne. Pour la presse gabonaise, le défi sera désormais de transformer cette reconnaissance présidentielle en un approfondissement durable des pratiques professionnelles, dans un environnement médiatique en pleine mutation.

Reste à voir si les annonces législatives et numériques se traduiront rapidement en actes. Leur concrétisation pourrait marquer une étape décisive dans la construction d’un espace public plus transparent et plus crédible, au Gabon comme dans l’ensemble de l’Afrique francophone.

La Rédaction

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