LGA, 4 janvier 2025 – La nuit du 3 au 4 janvier a failli replonger le Burkina Faso dans le chaos d’un changement de force. Une tentative de putsch visant le capitaine Ibrahim Traoré a été démantelée in extremis par les services de sécurité. L’enquête, menée à un rythme effréné, a pris un tour spectaculaire avec l’exploitation du téléphone du présumé cerveau arrêté. Les communications interceptées pointeraient, selon nos informations exclusives, directement vers un ancien chef d’État burkinabè en exil, plongeant la sous-région dans un imbroglio diplomatique.
Du suspect au commanditaire : la piste qui mène à l’exil
Le scénario, reconstitué par nos sources au sein de l’appareil sécuritaire, était d’une précision militaire. L’opération, prévue pour 23 heures GMT, devait commencer par l’élimination du commandant de la base de drones, suivie d’infiltrations et d’attaques contre des sites stratégiques à Ouagadougou. L’interpellation du coordonnateur présumé sur le sol burkinabè, alors qu’il donnait les derniers ordres, a tout fait capoter.
C’est l’analyse forensique immédiate de ses appareils électroniques qui a ouvert la boîte de Pandore. Les discussions chiffrées, les logs d’appels et les transferts d’instructions pointent vers un commanditaire établi hors des frontières. Les éléments, qualifiés de « accablants et explicites » par un enquêteur, désignent sans ambiguïté un ancien président du Burkina Faso, aujourd’hui réfugié dans un pays voisin. Bien que son identité ne soit pas encore officiellement divulguée, toutes les sources convergent vers l’entourage de l’ex-président de la Transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé par Traoré en septembre 2022 et installé depuis à Lomé.
Un plan aux ramifications internationales
Les données extraites suggèrent un plan bien financé et bénéficiant de promesses de soutien. Les investigations suivraient désormais deux pistes principales : le réseau interne de complicités, qui a conduit à l’arrestation de plusieurs opérateurs économiques, et la piste des soutiens extérieurs présumés.
Les conversations feraient en effet référence à des assurances de « soutien logistique » et de « couverture » de la part d’acteurs étrangers. Si aucune nation n’est nommée dans les premières fuites, le contexte géopolitique – la rupture de la junte avec la France et son partenariat militaire avec la Russie – oriente naturellement les soupçons vers certaines chancelleries occidentales. Cette révélation, si elle était confirmée, constituerait une escalade grave dans l’ingérence présumée dans les affaires burkinabè.
Le silence éloquent des autorités et les calculs politiques
À ce stade, le gouvernement burkinabè observe un silence radio. Aucun communiqué, aucune adresse à la nation n’est venue confirmer ou infirmer ces événements. Ce mutisme calculé s’explique par la sensibilité extrême de l’enquête et la dimension explosive de ses implications. Il permet au camp Traoré de consolider son emprise interne en identifiant les « traîtres » avant une communication officielle qui sera, à n’en pas douter, extrêmement virulente.
Pour le capitaine Traoré, cet épisode est une double épée. S’il démontre la vigilance de ses services et lui offre un prétexte pour purger l’appareil d’État, il expose aussi la fragilité persistante de son régime, miné par les rivalités et les règlements de compte post-putschs. L’implication présumée d’un ancien président ouvre une crise politique inédite, transformant une rivalité de palais en une affaire d’État aux conséquences régionales imprévisibles. La balle est désormais dans le camp de la junte : comment et quand rendra-t-elle publics des éléments qui touchent à la fois à la sûreté de l’État et aux relations avec ses voisins ? La réponse définira le nouveau visage, encore plus fermé, de la transition burkinabè.

