Zéro droit de douane vers la Chine : une chance historique pour les entrepreneurs gabonais

LGA, 3 janvier 2025 – L’annonce de l’application progressive du régime zéro tarif douanier par la Chine pour les produits en provenance de 53 pays africains ouvre une opportunité sans précédent pour les entrepreneurs gabonais. Réaffirmée début janvier à Libreville par l’ambassadeur de Chine au Gabon, Zhu Ping, cette mesure, décidée par le président Xi Jinping, offre un accès privilégié à l’un des plus grands marchés mondiaux et pourrait transformer le paysage économique gabonais.

La Chine : un marché immense à portée de main

Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et une classe moyenne de 400 millions de consommateurs, la Chine représente un débouché exceptionnel. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Afrique ont dépassé 280 milliards de dollars en 2024, confirmant Pékin comme le premier partenaire commercial du continent.

Pour les entrepreneurs gabonais, cette mesure réduit les coûts d’accès au marché chinois et améliore la compétitivité des produits locaux face aux concurrents africains et asiatiques. Les secteurs hors hydrocarbures, encore modestes, ont tout à gagner pour renforcer les exportations et accroître les recettes en devises.

Des filières gabonaises en première ligne

Plusieurs secteurs peuvent bénéficier rapidement de ce régime. Le bois transformé, interdit à l’export sous forme de grumes depuis plus de dix ans, pourrait connaître un véritable boom grâce aux ventes de contreplaqués, placages et meubles sur le marché chinois, où la demande dans la construction et l’ameublement reste forte.

L’agriculture offre également des perspectives concrètes. Cacao, café, huile de palme, caoutchouc naturel, ainsi que fruits tropicaux transformés, pourraient séduire un marché chinois friand de produits alimentaires diversifiés et traçables. L’artisanat et les produits semi-industriels issus de la transformation locale des matières premières ont également une carte à jouer, à condition de respecter les standards de qualité exigés.

Une opportunité pour dynamiser l’entrepreneuriat

L’ouverture du marché chinois ne concerne pas seulement l’exportation. Les entrepreneurs gabonais peuvent également importer des équipements industriels et technologiques à moindre coût. L’accès à des machines et matériels deux à trois fois moins chers permet d’améliorer la productivité, de créer des emplois et de soutenir la montée en gamme de l’appareil productif national.

Sur le plan macroéconomique, cette dynamique peut renforcer l’industrie locale, réduire la dépendance aux importations de produits finis et soutenir la croissance hors pétrole, un objectif central pour l’économie gabonaise.

Des défis à relever

Le succès n’est toutefois pas automatique. Les normes sanitaires, phytosanitaires et techniques imposées par la Chine exigent des investissements et un renforcement des compétences des entrepreneurs.

La capacité à produire en volume et à livrer régulièrement constitue un autre défi. De nombreuses filières gabonaises restent fragmentées et devront se structurer pour répondre aux exigences d’un marché exigeant.

Enfin, la logistique et les coûts de transport restent cruciaux. Infrastructures portuaires, délais d’acheminement et maîtrise des chaînes d’approvisionnement conditionneront la compétitivité des produits gabonais face à une concurrence mondiale.

Transformer l’opportunité en stratégie durable

Le régime zéro droit de douane vers la Chine représente une chance historique pour les entrepreneurs gabonais. Mais pour la transformer en moteur durable de croissance, il faudra un accompagnement public et privé : politiques d’exportation, structuration des filières, investissements dans la production et la logistique.

Si ces conditions sont réunies, l’accès au marché chinois peut devenir un véritable catalyseur de diversification économique, d’industrialisation et de création d’emplois, inscrivant le Gabon dans une dynamique de croissance plus équilibrée et durable.

Eppebiow Ebolentsie

Journaliste d'expérience, spécialiste des questions d'économie et du numérique.

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