LGA, 3 janvier 2025 – À peine nommé ministre de la Communication, Germain Bihadjow fait l’objet d’une campagne de dénigrement marquée par la résurgence opportuniste d’une ancienne vidéo, massivement relayée sur les réseaux sociaux. Une cabale aux ressorts bien connus dans le paysage politique gabonais, où frustrations, règlements de comptes et luttes d’influence s’entremêlent au moment même où le pouvoir cherche à stabiliser son équipe et son discours.
À Libreville, la polémique enfle plus vite que les explications. En cause, une séquence vidéo, laquelle avait fuitée bien avant même la Transition, remise en circulation avec une intensité révélatrice d’un agenda assumé. L’objectif est clair : fragiliser le nouveau ministre dès ses premiers pas et, au-delà, éprouver la solidité des choix opérés par le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Ancien député de M’Vady, dans l’Ogooué-Ivindo, Germain Bihadjow n’est pourtant pas un novice de l’arène politique. Il s’était notamment illustré lors d’un débat télévisé en défendant avec vigueur et méthode le « Oui » au référendum, démontrant une maîtrise des dossiers et un sens de la rhétorique qui lui avaient valu une certaine notoriété. C’est aussi ce profil assumé, clivant pour certains, qui semble aujourd’hui nourrir les attaques dont il fait l’objet.
La cabale en cours n’a, en réalité, rien de surprenant. Dans son adresse à la Nation du 31 décembre, le chef de l’État avait lui-même anticipé ce type de manœuvres, mettant en garde contre « certains, frustrés par l’absence de nominations », prompts à « discréditer et vilifier autrui ». Une déclaration qui résonne aujourd’hui comme une lecture lucide du climat politique post-transition, marqué par des rivalités exacerbées et une lutte sourde pour l’influence.
Nommé Conseiller spécial du président de la République le 8 mai dernier, Germain Bihadjow a progressivement consolidé sa place au sein de l’appareil d’État. Son parcours, à la croisée de l’engagement politique, de la culture et du dialogue public, plaide en faveur d’un profil plus stratégique que conjoncturel. À la tête du département de la Communication, il hérite d’un portefeuille sensible, au moment où le pouvoir cherche à structurer son récit et à restaurer la confiance entre l’État et les citoyens.
Dans les cercles politiques de Libreville, plusieurs observateurs saluent d’ailleurs une nomination perçue comme cohérente, tant les enjeux de communication sont devenus centraux dans la phase actuelle de refondation institutionnelle. Reste que, dans un environnement où chaque mot, chaque image et chaque archive peuvent être instrumentalisés, Germain Bihadjow devra composer avec une exposition accrue et des adversités parfois feutrées, souvent numériques.
Par GOM.


Tres bel article,Toutes mes felicitations monsieur le ministre