LGA le 28 décembre 2025 – Lors de la cérémonie de prestation de serment des neuf nouveaux juges de la Cour constitutionnelle ce 28 décembre 2025, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un message centré sur les exigences éthiques et républicaines attachées à la fonction de juge constitutionnel, dans un contexte marqué par la fin de la transition et le retour à l’ordre constitutionnel.
Face aux nouveaux membres de la haute juridiction, le chef de l’État a rappelé que la Cour constitutionnelle constitue l’un des piliers essentiels de l’État de droit. À ce titre, a-t-il souligné, ses décisions doivent être guidées exclusivement par la Constitution, loin de toute pression politique, partisane ou émotionnelle. Neutralité, impartialité et rigueur ont ainsi été placées au cœur de son adresse.
Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur la responsabilité particulière qui incombe désormais aux juges constitutionnels, appelés à garantir la stabilité institutionnelle, la crédibilité des processus démocratiques et la confiance des citoyens dans les institutions de la République. Il les a exhortés à faire preuve d’abnégation et de hauteur de vue, rappelant que leur mission dépasse les intérêts individuels pour s’inscrire dans la défense de l’intérêt général.
Dans un ton solennel, le Président de la République a également mis l’accent sur l’attachement aux valeurs républicaines, et invité les nouveaux juges à inscrire leur action dans la continuité du renforcement de la démocratie gabonaise. Pour lui, la Cour constitutionnelle doit demeurer un rempart contre l’arbitraire et un garant constant du respect de la Loi fondamentale.
Ce discours du chef de l’État intervient toutefois dans un contexte politique marqué par des critiques récurrentes de l’opposition. Depuis plusieurs jours, certaines figures politiques, à l’instar d’Alain Claude Bilie By Nze, d’Albert Ondo Ossa ou encore du syndicaliste Jean Rémy Yama, dénoncent ce qu’ils qualifient de « régression démocratique », pointant du doigt un rétrécissement de l’espace politique et des libertés publiques depuis la fin de la transition.
Dans ce climat de défiance, l’appel d’Oligui Nguema à la neutralité et à la rigueur des juges constitutionnels est donc observé avec attention. Pour ses partisans, il s’agit d’un signal fort en faveur d’institutions crédibles et indépendantes. Pour ses détracteurs, ces déclarations relèvent davantage du registre politique que d’un engagement concret, la Cour constitutionnelle étant appelée à jouer un rôle clé dans l’arbitrage des futurs contentieux électoraux. La sincérité de ce message présidentiel sera donc jugée à l’aune des actes et des décisions à venir de la haute juridiction.

